mercredi 24 juillet 2013

Girls just wanna have fun ( épisode 6 de Des zombies dans le RER)

Retrouvez les épisodes un, deux, trois, quatre et cinq .
« À combien de voitures tu crois qu'on est de la cabine du conducteur? » demanda la blonde alors que les deux filles franchissaient les portes entre les wagons du train qui s'était mis en route. Sur la petite plateforme entre les deux voitures, le vent du tunnel vrombissait dans un vacarme d'enfer et c'est avec certitude que Gloria hurla : «  J'en ai aucune idée! ». Cette fois la vitre était claire on pouvait voir à travers, les deux filles avaient le nez collé dessus et observaient comme à l'aquarium municipal des zombies qui déambulaient au milieu des cadavres. « Gloups! » fit Gloria.
 Sa voisine lui dit « Moi c'est Lisa, et que tu me crois ou non j'ai fait un camp de survie de lutte contre les zombies, et là faut qu'on traverse ». « Moi c'est Gloria, répondit-elle d'une voix fluette », « Quoi ? Hurla Lisa », « Gloria, hurla en retour Gloria », «  Voilà c'est vachement mieux comme ça! ». Lisa avait un accent québécois à couper au couteau. « T'es touriste? Affirma Gloria... Tu devrais mettre ton sac-à-dos sur le ventre, ça ferait bouclier ! », « Ouais mais sur le dos ça leur permet aussi de pas m'chopper par derrière ! Tu vois là les grosses valises abandonnées par les touristes morts? » « Oui! » « Bin on va entrer le plus silencieusement possible et on va les attraper pour en faire des boucliers. Bon moi des zombies j'en compte 4, mais ceux-là par terre, ils peuvent se transformer alors au fur et à mesure on leur écrabouille la tête, Ok ? On fait comme les cops dans les films, on avance dos à dos et on couvre toute la surface, on a pas de temps à perdre... y a beaucoup de monde au prochain arrêt? » « À St-michel ? Grave ! », « Ok t'es prête? ». La double porte s'ouvre lentement dans son souffle pneumatique asthmatique, Gloria et Lisa restent immobile mais prêtes à bondir attendant une réaction des morts-vivants. Les quatre zombies continuent à déambuler comme des poissons dans leur bocal, ou des personnages de jeu vidéo coincés face à un mur. Gloria et Lisa se mettent en marche. Le sol est jonché de cadavres, et en même temps qu'elles avancent vers les grosses valises à roulettes corsetées dans quinze tonnes de cellophane, elles regardent l'état des morts.
 Certains ont la tête explosée ou dévorée, mais lorsque ce n'est pas le cas, Lisa qui a emprunté à Gloria son marteau fait de la bouillie de ce qui leur reste de visage, et Gloria enfonce le talon de ses escarpins dans leur crâne. Les deux grosses valises bloquent le passage. Gloria ne peut pas s'empêcher de penser à quel point elles ont dû faire chier les autres voyageurs. Lisa se faufile pour se cacher derrière la première et la pousse vers l'avant, Gloria juste derrière elle tient l'appareil photo par le zoom, elle l'a bien en main, il ne va pas falloir faiblir. En s'approchant du premier zombie qui se met à grogner et à accélérer vers elle Lisa qui tient d'une main la casserole et de l'autre le marteau, se lève d'un coup, lâche la valise ouvre les bras et se sert des deux instruments comme d'un marteau et d'une enclume. La tête du zombie fait un bruit de steak haché sous plastique qu'on écrabouille du pied, et comme Lisa remet ça il y a comme un bruit de gong qui sort les autres morts-vivants de leur léthargie déambulatoire... Il n'y a pas une seconde à perdre le train va entrer en gare de St-Michel, Gloria avec une énergie et une passion qu'elle ne se connaissait pas abandonne la grosse valise pour défoncer la tête du premier zombie qui vient vers elle d'un coup d'appareil photo qui le fait tomber à terre. Puis elle lui marche sur le crâne pour s'attaquer au prochain pendant que Lisa fait résonner son gong pour tuer la femme obèse qui se précipitait pour lui dévorer le cerveau. Splash, gong, c'est sa mélodie, tandis que celle de Gloria est paf, scriiitch...SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !
Le train va entrer à St-Michel, il ralentit. Julie chuchote « il n'y a pas moyen qu'on tienne à deux toutes les portes, alors planquons nous. » Elles reprennent place derrière les valises. Gloria jette un oeil dehors comme il est 8h45, c'est l'heure qu'elle voit affichée sur le quai, elle pourrait encore se rendre à son entretien. C'est étrange de se dire qu'après avoir tué des zombies on pourrait reprendre la vie de tous les jours. Bien sûr elle n'est plus du tout présentable son chignon n'a pas supporté sa rage, sa chemise blanche, comme son jean sont maculés de sang, de sueur et d'amas gélatineux rouge, ses escarpins autrefois beiges sont maintenant sanglants... Il n'y a pas de doute dans cette tenue de tueuse personne n'hésiterait à l'engager. Cette pensée la fait sourire.
Il est 8h45 à St-Michel Notre Dame, et le quai n'est pas trop peuplé. Avec un peu de chance personne n'entrera dans leur wagon. Cachées les filles entendent une des portes qui souffre. Il n'y a pas de grognements dehors. Tout semble presque normal. Une voix tonitruante déclare: « What happened here? It stinks, no wonder there is no one in this car ! Let's get to the next one ! ». Pour Gloria et Lisa il se passe la même chose que quand dans un métro bondé on s'aperçoit qu'il y a trois places libres, mais en s 'approchant on découvre que la troisième est occupée par un SDF qui sent très mauvais, et que les gens préfèrent s'agglutiner en se bouchant le nez plutôt que de s'asseoir. Lisa se rapproche de Gloria et dit « on dirait qu'il n'y a pas de zombies, on devrait peut-être sauver nos peaux et sortir de là pendant qu'il en est encore temps.  Et je te paie une bière ! » Sans hésiter Gloria se lève pour sortir.
 Mais le signal du départ sonne, et ni elle ni  Lisa n'ont le temps d'atteindre les portes. Quand le train démarre elles sont toutes les deux debout, dépitées, ensanglantées et regardent les gens qui ont couru sur le quai pour monter dans ce RER et ont raté le train de l'enfer. « Tabernacle ! dit Lisa, on aurait pu boire une bière », à cela Gloria répond: « on avance? »
à suivre...
Et merci à Marie-Minute d'être ma secrétaire de rédaction :-)
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mardi 23 juillet 2013

"Train arrêté entre deux stations, merci de ne pas descendre sur la voie" (épisode 5 de Des zombies dans le RER)



 Retrouvez ici les épisodes un, deux, trois, quatre
Cela faisait maintenant une demi-heure que le RER était coincé entre les gares de Luxembourg et Saint-Michel. Le blackberry de Gloria ne captait pas, elle n'avait pas de réseau, ici il n'y avait jamais de réseau. La chaleur dans le wagon devenait étouffante, toujours assise sur son strapontin en vinyle, Gloria sentait de grosses gouttes couler le long de ses cuisses, mais ni elle, ni personne ne se plaignait. Le comptable qui avait été mordu suait abondamment, et un gamin de 17 ans avec un regard de tueur le fixait.
Au bout du wagon les doubles portes pneumatiques s'ouvrirent et un homme armé d'un piquet de tente sanglant entra. Il traversa le wagon en silence et si tout le monde le suivait du regard, personne ne dit rien, ils ne voulaient pas savoir... Mais Gloria si: « c'est comment dans le reste du RER? Vous avez traversé combien de wagons? Vous allez où? ». L'homme se retourna vers elle. Il devait avoir une trentaine d'années mais il semblait avoir pris mille ans dans la dernière heure, son regard était épuisé. Il portait la chemisette bleue des jeunes papas qui travaillent pour moins de deux milles euros dans un boulot d'avenir: la banque, l'ingénierie whatever. Il regardait Gloria abasourdi, le spectacle de cette petite brune assise sur un strapontin les talons dans une flaque de chair et de sang armée d'un appareil photo et d'un marteau. Il répondit « quoi? » puis se reprit «  je vais chercher des secours... une femme s'est fait arraché le bras dans notre wagon... je vais voir le chauffeur, il faut que les pompiers viennent... » la panique qui montait en lui fit craquer le silence comme un vieil oeuf pourri. L'homme qui avait été mordu hurla «  Oh mon dieu, oh mon dieu, j'ai été mordu par une tête décapitée!» Et le gamin qui le fixait depuis tout à l'heure dit :«  Toi tu ne bouges pas, quand tu tourneras je m'occuperais de ta gueule! » posé à côté de lui il y avait une bande dessinée, un exemplaire de The Walking Dead.
 Le comptable se mit à paniquer «  oh mon dieu, oh mon dieu, il faut aller chercher des secours! ». Gloria dit au banquier « je viens avec vous! ». Elle ouvrit la première double porte entre les wagons, l'homme la suivît. « Je m'appelle Steven, dit-il » elle répondit ironiquement en tendant sa main « enchantée, moi c'est Gloria ». La première porte se referma derrière Steven et Gloria. « à tout hasard, vous n'avez pas été mordu? » demanda-t-elle « Non! » affirma Steven. Gloria avait joué les fières à bras, mais entre deux wagons avec la nuit autour et une sorte de silence plein, elle était envahie par la terreur. Elle souffla lentement pour se donner du courage. Steven regardait à travers les vitres mais elles étaient couvertes de sang. 
Il posa l'oreille contre la porte « Normalement ils grognent. Gloria se mit à claquer des dents, elle se disait « pourquoi je ne suis pas restée sur mon strapontin? » Elle n'avait pas fini de mentalement prononcer cette phrase que la porte pneumatique s'ouvrait laissant glisser lentement un cadavre qu'on avait laissé là. Ce mouvement amorça un cri de guerre « Ils reviennent à l'attaque » et Steven eut à peine le temps de crier « Nooooooooon! » qu'il se prit un coup de couteau dans l'oeil, Gloria hurla. Le jeune garçon qui avait attaqué Steven n'en croyait pas ses yeux, il recula et laissa tomber le couteau en disant «  je suis désolé, je suis désolé! » pendant que Steven s'écroulait au même rythme que le cadavre qui venait de glisser entre les portes. Gloria passa par dessus lui. Tout le monde dans le wagon la regardait, son coeur battait à 200 à l'heure. Il y avait ce jeune-garçon qui venait de tuer Steven qui était prostré dans un coin entouré de ses copains, qui lui disaient « Tu ne pouvais pas savoir! » et l'un d'eux se retourna vers Gloria et dit « vous auriez pu frapper! ». Le sol était jonché de morceaux de cadavres. Gloria qui avait la gorge prise dit d'abord faiblement puis plus fort « il faut prévenir, le conducteur, il ne s'est pas déplacé quand l'alarme a été tirée, lui c'était Steven, on allait le prévenir, je ne peux pas y aller toute seule j'ai trop peur, il faut qu'on y aille à plusieurs, s'il vous plait... »... Gloria se rendit compte qu'elle sonnait comme une mendiante, et que les gens assis dans ce wagon avaient détourné leur regard d'elle comme si elle leur avait demandé un travail ou des tickets restos. Cette réalisation la remis d'attaque « hé ho je ne fais pas la manche-là! Qui vient avec moi pour qu'on puisse prévenir le chauffeur... sortir de la zone habitée, et s'en sortir en se protégeant à la cambrousse? Si nous voulons nous en sortir il faut s'entraider, en plus on est pas sûrs que ce qu'on sait des zombies est vrai, mais au cas où vous auriez des doutes, il faut viser la tête! » Une jeune-femme blonde qui avec un gros sac à dos se leva et dit « moi je viens avec toi, j'ai une casserole, on pourra se défendre. Le problème c'est qu'on ne peut pas communiquer avec les autres wagons... » Gloria dit « je viens du wagon juste avant, et il y a juste un type qui a été mordu, mais un jeune fan de The Walking Dead l'a à l'oeil, je ne sais pas d'où venait Steven, je ne sais pas combien de voitures il avait traversé, je sais que dans la voiture d'où il venait, une femme s'est fait arracher le bras... »
Le discours de Gloria fût interrompu par le crépitement de la radio du conducteur « Mesdames, et messieurs il semble que notre train va pouvoir repartir, merci de votre patience ». La fille au sac-à-dos de camping, dit « maintenant il ne faut pas tarder! » elle sortit sa casserole de son sac et se mit en route vers la prochaine voiture. Gloria la suivit.
Fin de l'épisode 5
Merci à Marie-Minute ma secrétaire de rédaction.
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lundi 22 juillet 2013

L'attaque du train en gare de Jardin du Luxembourg ( épisode 4 de Des zombies dans le RER)


Épisode 4 «l'attaque du train en gare de jardin du Luxembourg »
Ici vous pouvez lire l'épisode 1, ici l'épisode 2 et ici l'épisode 3

Gloria a mis ses écouteurs sur ses oreilles, comme ça pour ne pas trop penser à ce qu'elle allait dire durant cet entretien: à quel point elle aime s'occuper des clients, mettre des chaussures fermées quand il fait quarante degrés à l'ombre, ses fausses qualités et ses faux défauts... Il vallait mieux écouter « she's not there » de The Zombies et n'être pas vraiment là.

 Gloria est donc plongée dans son demi sommeil musical mais elle sent qu'on la regarde. C'est un vieil homme qui est debout alors qu'elle est assise, elle pourrait lui laisser sa place, mais il y a des places libres partout autour donc ce regard vide, froid, glacé n'a pas lieu d'être... Le vieillard la fixe jusqu'au tréfonds de son âme qui se déplace cahin caha dans la torpeur d'un été sordide de région parisienne. Le vieil homme a un regard d'hiver et un regard de mort, et à travers ses yeux il semble lui voler toutes les miettes de bonheur qu'elle arrive chaque jour à rassembler pour aller jusqu'au jour prochain. Gloria a baissé les yeux pour ne plus le voir et retiré ses écouteurs pour vérifier que le son n'était pas trop fort, pas trop puissant, qu'il n'y avait pas un grésillement pénible qui puisse irriter les autres voyageurs... on n'entendait rien.
Le train s'est arrêté à Denfert-Rochereau, dans un courant d'air les portes se sont ouvertes, et quand Gloria a levé les yeux le vieil homme était parti. Peu de personnes sont montées, de même qu'à Port-Royal, mais en arrivant sur le quai du Luxembourg, Gloria a vu les masses de touristes attendant le train comme le messie pour aller à St-Michel ou aux Halles... pour leur manque de calcul des distances à franchir Gloria les détestait.
Les touristes étaient immobiles, et leurs bouches fermées. Par les fenêtres ne parvenait pas le son plein de couacs de leurs conversations, de leurs caquetages habituels, les touristes étaient pâles. Gloria comprit que quelque chose n'allait pas. Ils portaient toujours leurs stupides sac-à-dos sur le ventre, ils avaient toujours leurs chaussures de marche, leurs caleçons colorés, leurs appareils photos, leurs casquettes américaines, leurs maillots de foot, leurs teeshirts « I heart Paris » ( qui devraient plutôt être « I visually hurt Paris »)... 

Mais ils étaient pâles et ils étaient silencieux. Quand le train s'est arrêté au lieu d'ouvrir les portes ils se sont mis à tendre les bras et à grogner. Gloria a hurlé « il ne faut pas les laisser entrer! » et bizarrement ses covoyageurs ont compris ce qu'elle voulait dire et certains se sont levés pour maintenir les portes fermées. Mais chacun sait qu'en cas d'affluence tous les voyageurs sur le quai vont créer une telle poussée qu'il sera impossible de les laisser dehors. À force de tâtonner la masse de touristes réussit à activer le système pneumatique des portes semi-automatiques et ils commencèrent à se pousser les uns les autres pour essayer d'entrer. Heureusement beaucoup étant sérieusement en surpoids un bouchon se créa qui pour un temps protégea les banlieusards des touristes. 

Le premier qui essaya d'entrer portait son sac-à-dos sur le ventre et il fût facile pour Gloria de le tenir à distance à cause de ce sac-à-dos énorme qui comme un ventre de femme enceinte ne permettait pas au touriste/zombie ni de se pencher pour mordre, ni de saisir avec ses bras. Gloria s'appuya sur la barre du milieu pour repousser autant que possible avec ses pieds le mort-vivant furieux et frustré. Aux autres portes ses camarades de voyages entreprenaient le même type de démarches. Une femme hurlait de trouille, elle suivait le même rythme que ce matin la sonnerie du portable de Gloria. Alors qu'ils avaient réussi à repousser le zombie au sac à dos en pénétra un plus souple que les autres qui portait autour de son cou, un appareil photo à zoom de 22 cm. Gloria saisie le zoom et tira tellement fort sur l'appareil, que le cordon décapita l'ancien touriste et qu'un sang vicié commença à jaillir de ce cou détrôné. C'est elle, cette fois, qui se mit à hurler et à pleurer, elle avait tué quelqu'un, quelle horreur! et le corps gisait dans l'entrée alors que la tête avait roulé comme une canette de coca sous les fauteuils. Le cou rendait le sang en immondes glouglous, et Gloria était pétrifiée de peur devant ce spectacle alors que d'autres morts essayaient encore de pénétrer dans le train. Deux reubeux costauds, alors que le signal de départ retentissait, tirèrent les portes en repoussant les envahisseurs. Gloria tenait toujours l'appareil photo par le zoom et regardait le cadavre. Les portes de leur wagon étaient fermée mais le train n'avançait pas. Le conducteur s'adressa aux passagers « mesdames, messieurs, le train ne peut pas repartir s'il y a des personnes qui bloquent les portes, merci de libérer les portes » il enclencha de nouveau l'ouverture automatique les deux costauds firent en sorte de retenir les portes pour ne pas qu'elles se réouvrent. Gloria et la femme avaient cessées de hurler, tout le monde attendait dans une angoisse indicible que le train démarre. De nouveau la sonnerie du signal de départ retentit, le petit bruit du système pneumatique qui signifiait la fermeture des portes se fît entendre, et cette fois le train démarra. Gloria tenait encore l'appareil photo en main, en regardant le cadavre qui se vidait de son sang vicié, elle retourna l'appareil pour être du côté du viseur et pris en photo la charogne, la nature morte. Alors que les voyageurs se réinstallaient à leurs places, elle dit « il faut prévenir le chauffeur, il n'avait pas l'air de savoir ce qui s'est passé! » elle voulu tirer le signal d'alarme, mais un homme lui retînt le bras « Oh ça va pas? Si vous faîtes ça je vais être en retard à mon boulot! ». Elle répondit « On est attaqué par les zombies, je pense que vous n'atteindrez jamais votre boulot », « arrêtez de raconter des conneries, répondit l'homme ». Le signal d'alarme retentit mais ça n'était pas la faute de Gloria. Il se passa un certain temps dans l'angoisse avant que quelqu'un puisse formuler la moindre hypothèse. Le silence fut brutalement interrompu par le hurlement strident d'un comptable qui durant toute la bagarre qui venait de précéder n'avait pas décollé les yeux de ses tableaux excel. « On m'a mordu, on m'a mordu! » il bougeait ses jambes comme un dératé, et de sous son siège roula la tête que Gloria avait décapitée, de son sac elle sortit son marteau, et dans cette tête qui mastiquait et bougeait les mâchoires, elle enfonça violemment le clou de l'invasion zombie, elle hurlait en faisant de la bouillie du crâne «  Et ça c'est normal, c'est normal ça! C'est pas un zombie peut-être et on va être en retard au boulot, hein? ». Un des costauds qui avait maintenues les portes fermées lui mit la main sur l'épaule pour la calmer. Et elle s'assit sur le strapontin, les escarpins dans la bouillie de cervelle, pour souffler.
La radio du train se mit à grésiller et le chauffeur dit: « En raison de personnes sur les voies entre Saint-Michel et Les halles nous allons rester en arrêt. Merci pour votre patience! ». Gloria commençait à regarder les photos que le touriste avait prises avant de devenir un zombie, il avait un matériel professionnel mais il n'avait même pas réussi à cadrer la tour Eiffel de façon correcte. Ça commençait à grogner dans le RER B, pas encore des grognements de morts, mais un grognement de banlieusards « Putain, y a toujours quelque chose », « Y'en a marre, il ne tiennent jamais compte des voyageurs », « je vais encore être en retard à mon boulot ».
Avec son blackberry Gloria pris une photo du cadavre décapité et envoya sur Twitter « attaque de zombie sur la ligne B, restez chez vous,suis dans le train, vais vous tenir au courant et essayer de survivre #qml @quoimaligne »
Fin de l'épisode 4 
La suite paraîtra mardi 23 juillet...
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jeudi 18 juillet 2013

Le rêve ( épisode 3 de Des zombies dans le RER)


résumé des épisodes précédents: Gloria sans le savoir a échappé de peu à un mouvement de foule aux halles qui a créé un drame d'après les journaux il y aurait 6 morts et 25 blessés. Les quais concernés de Châtelet ont été vidé et le trafic sur les lignes A et B a été bloqué jusqu'à 22H. Demain Gloria doit prendre le RER B a une heure d pointe pour se rendre à un rendez-vous professionnel.
Cliquez ici pour lire l'épisode 1 et ici pour l'épisode 2

Gloria s'agite dans son lit, la couette a volé en éclat, elle nage dans sa propre transpiration, l'été est chaud certes, mais les images de ses rêves la font ruisseler. Et elle se débat dans une flaque de sang. Quand elle essaie de se lever, elle glisse, et l'obscurité est emplie de corps qui se meuvent comme des reptiles, le bruit qu'ils produisent est celui de la chaire déchiquetée. L'odeur est celle de l'étal du boucher et il y a cette autre impression olfactive qu'elle ne connait pas, mais qu'elle identifie quand elle glisse sur un corps déformé par la putréfaction: le ventre gonflé explose et l'odeur la prend à la gorge, et elle vomit ses tripes. Derrière le concert de grognements, elle entend «  il m'a mordu ce con », elle regarde son bras sur lequel tirent d'autres bras décharnés. Elle veut hurler mais ne peut pas. Trempée, elle se réveille dans l'obscurité la plus totale. 

Elle est tremblante d'effroi. À tâtons elle cherche son paquet de cigarettes et son briquet, lorsqu'elle saisit la boite en carton au lieu d'une main ou d'un corps, elle est déjà rassurée puis la flamme et le petit grésillement du clope la ramènent à la réalité. Elle ne va pas se rendormir de sitôt. La voix de la femme criant : «  il m'a mordu ce con » l'obsède. Elle ouvre son ordinateur et va sur twitter. Elle cherche #zombies #chatelet #leshalles, ça ne donne pas grand chose. Elle écrit « J'étais sur le quai  juste avant l'accident et une femme a hurlé « il m'a mordu ce con » qui d'autre est témoin? #accident #rerb #leshalles ». Il est quatre heures du matin et tout le monde dort sauf les américains, elle tweete de nouveau « quelqu'un qui était aux halles pendant l'accident a-t-il rêvé de zombies #accident #rerb ». Sa cigarette se consume dans son impatience d'une réponse. Elle laisse là twitter pour lire différents articles à propos de l'accident. Sa démarche lui fait penser à celle du jeune-homme dans le premier des films Destination Finale... Elle rit et se demande si elle échappé à la mort et si celle-ci la fera s'électrocuter après avoir glissé sur une savonnette. Les films Destination Finale sont drôles mais si la mort veut y mettre son grain de sel, une rupture d'anévrisme, ou une maladie fulgurante sont moins suspectes qu'une électrocution, après pendouillage et glissage sur savonnette.
Gloria essaie de penser à autre chose, demain elle a cet entretien pour travailler dans un magasin de chaussures, sa pensée a décidément du mal à contenir cette éventualité, et ses doigts l'emmènent directement sur le PDF du manuel de survie en territoire zombie. Elle avait demandé plusieurs noëls d'affilée une batte de baseball, mais ne s'intéressant pas à cette activité sportive personne ne l'avait prise au sérieux. La seule chose qu'elle pouvait utiliser comme arme, était le marteau qu'elle avait acheté chez bricomarché histoire de pouvoir planter un clou, qu'elle n'avait jamais planté. Elle mit le marteau dans son sac, retourna dans son lit et s'endormit.
Tulululu tulululu tulululu sonne le téléphone malin, il lui donne un choix : soit elle éteint la sonnerie pour de bon, soit celle-ci se réenclenchera dans 5 minutes, dans la torpeur de cette décision à prendre ses yeux à peine entre-ouverts se referment et « tulululu tulululu » résonne et resonne le maudit téléphone. Cette fois elle éteint la sonnerie et ouvre le téléphone, la lumière rouge de sa mûre clignote, et gling et gling et gling, ses tweets de zombies ont fait des heureux... Personne pour partager son cauchemar ou son angoisse mais beaucoup de twitterers amusés par l'idée de la morsure, qu'elle soit acte d'érotisme, de cannibalisme ou de perversion... « l'homme qui mordait les épaules des femmes». Parfois c'est étrange de se retrouver si nombreux sur un quai de train sans que personne d'autre ne sache partager ce qu'il sait, ce dont il est témoin sur twitter. Gloria, G.l.o.r.i.A se vêt, prépare son café, et s'en va prendre le RER B à une heure de pointe...

Gloria pense: « le gros avantage d'être en Europe, enfin sur le continent, en cas d'attaque de zombies c'est que sur nos tombes, il y a des grosses pierres bien lourdes (Bon c'est vrai que celles du Père Lachaise sont pas mal fissurées, mais ces zombies-là il ne doit pas leur rester beaucoup de chair.). Donc les morts sont retenus à l'intérieur ou au moins jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'il faut creuser sur le côté. »
Dans tous les scenarii qu'elle s'était fait en cas d'attaque de zombies, elle ne voyait pas comment sa survie était possible. Elle habitait dans la région la plus dense en habitations en France: La région parisienne, l'Ile de France, dans un immeuble sans double-vitrages, et son appartement était au rez de chaussée. Et puis elle n'avait pas de char d'assaut et encore moins de voiture. Elle prenait les transports en commun et surtout le RER B qui a la réputation de transformer les vivants en monstres, en morts debout ( car il y a rarement des places assises).
Ce matin sur le site de la RATP, ou sur twitter, il n'y avait rien à signaler et tout semblait aller bien. Sur un quai normalement peuplé, elle n'attendit que 3 minutes l'arrivée de son train qui lui aussi était normalement rempli. Elle put s'assoir dans le sens inverse de la marche en face d'un couple de touristes qui avaient eu l'intelligence de mettre leurs valises sur la grille, peut-être que les autres usagers avaient préféré une solution de rechange.
Fin de l'épisode 3
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mercredi 17 juillet 2013

L'incident de voyageur ( épisode 2 de Des Zombies dans le RER)





épisode 2 : 
résumé de l'épisode précédent: après avoir vendu des livres chez Gibert, Gloria veut prendre le RER B mais les trains n'arrivent pas quand elle sent monter un mouvement de foule parce qu'une femme a crié qu'elle avait été mordue, elle change de plan et prend la ligne 4

La ligne 4 était un autre paradis à touristes, et les gens vaguement accrochés aux barres centrales tournoyaient, valdinguaient, bruissaient. Il n'y avait pas de places assises, de grosses américaines harassées squattaient les strapontins, et dans les booths de quatre places des hommes de toutes les tailles laissaient les femmes se tenir de bout. Gloria se disait que le mouvement même serré dans ce sauna était mieux que l'immobilité angoissante du quai du RER B, elle irait jusqu'à Porte d'Orléans et de là elle prendrait un bus.
Dans cette moiteur qui ne pouvait être supportable que si on ne faisait pas le moindre mouvement, au milieu des diverses odeurs de transpiration humaine, elle n'avait plus, comme tout le monde qu'à attendre que ça passe. Sa lecture elle l'avait vendue, donc il lui restait pour l'heure et demie à venir de transport à lire sur son téléphone malin les aventures des autres usagers de la galère quotidienne. Le hashtag, #qml quoi ma ligne envahissait toute sa time line de twitter. Comme d'habitude les gens râlaient à cause du manque d'information, de l'horreur de se sentir comme dans un wagon à bestiaux, ni la sncf ni la RATP ne semblaient vouloir informer les voyageurs, qui attendaient en colère sur les quais ou bloqués dans les tunnels sous la terre, attendant le prophétique message du conducteur disant « nous repartons dans quelques instants » ou bien « soyez patient »... Gloria cliqua sur quelques articles ne concernant pas les transport et les lus. Peu à peu le métro se vidait et l'air circulait.
Demain elle avait rendez-vous à 9h pour un entretien d'embauche, et de sa journée d'aujourd'hui elle avait tiré 12 euros et 3 heures dans les transports.
En arrivant chez elle, elle ouvrit la porte du balcon pour laisser passer l'air, et aussi les bruits du dehors, les camions citerne qui passent à toutes blindes et font vibrer les murs, les gamins des voisins qui ne partent pas en vacances et jouent sur leur terrasse. Elle se pose en tailleur sur le sol, et tout s'écroule. Peut-être que sa vie a un sens mais l'été, cet été n'en a pas, pourquoi rester ici si c'est pour perdre son temps dans les transports, alors qu'au bord de la mer elle irait partout en trois coups de pédales, mais abandonnerait du coup sa vie sociale et aussi toute chance de trouver un taf digne de ce nom.
Le téléphone sonne, c'est son ex, le nom s'affiche en toutes lettres sur l'écran bleu du blackberry, pourquoi il appelle? Et elle ne l'a pas effacé de ses contacts. Elle hésite à décrocher, puis elle préfère savoir en direct plutôt que d'écouter un message. Pas de nouvelles depuis 3 mois, il a coupé les ponts du jour au lendemain après avoir dis « Adios amiga je ne suis pas amoureux » Ok ! Elle non plus elle n'était pas amoureuse mais il avait dû rencontrer quelqu'un pour être dans cette urgence du largage. Ça avait été humiliant cette histoire alors elle répondît au téléphone par un « Quoi? » sec et haineux.
« Putain, tu réponds, ouf! Tu as twitté que c'était la merde aux halles, et puis après tu n'écris plus rien, avec ce qui est arrivé je me suis inquiété!
  • Tu lis mes tweets toi? Tu me stalk? Wow...
  • Wow quoi? Tu parles québécois toi? C'est quoi ce franglais? On ne se parle plus mais c'est pas pour ça que je ne veux pas avoir de tes nouvelles!
  • Bin tu vois j'ai toujours le même numéro de téléphone, et je suis chez moi tranquille et je me dis « mais pourquoi cet abruti me téléphone? »
  • t'as pas vu?
  • Quoi?
  • Ma vieille allume ta télé parfois, je n'ai même pas envie de te raconter, je suis content que tu sois vivante, un jour il faudra qu'on se prenne un café pour que tu me racontes ta vie... je te laisse te tenir au courant.
  • Whatever... salut!
  • Salut »
Elle raccroche hésitant à téléphoner à une amie pour raconter cet événement... « il se tient au courant », elle prend son ordinateur qui avait été laissé allumé sur Adopte, histoire de laisser là la ligne pour voir quels poissons elle pourrait pêcher, elle ne regarde même pas la tête des merlans, elle s'en fiche plus ou moins aujourd'hui. C'est injuste de se faire larguer avant même de se connaître et d'avoir eu la moindre chance de tomber amoureux, mais bizarrement il l'espionnait, c'est un peu valorisant. « bien l'actualité...Châtelet... »
« Drame à Châtelet
Alors que le RER B ENZO entrait en gare de Les Halles un mouvement de foule inexpliqué a fait tomber 15 personnes sur la voie. La panique du mouvement a provoqué divers malaises individuels et la nécessité d'évacuer le quai des RER A et B. La station RER des Halles est réputée pour être le deuxième lieu public le plus dangereux d'Europe. L'évacuation a posé des problèmes majeurs pour éviter les paniques. D'après les pompiers et la gendarmerie il y aurait 6 morts et 25 blessés. Le trafic parisien a été sérieusement ralenti et on estime que les RER A et B devraient recommencer à circuler aux environ de 22h. »
« Merde, se dit-elle, il faudra que je me tienne au courant demain matin pour voir si tout fonctionne, sinon il faudra que je prenne une autre route... ». Elle passa le reste de cet après-midi là chez elle. Entre 19 et 20h50 alors que l'info faisait le tour de France son téléphone sonna sans cesse, car tout le monde savait que Gloria prenait souvent le RER B, qu'il était son ennemi juré, sa plaie quotidienne et qu'elle le haïssait suffisamment pour en devenir une victime. Mais son instinct et son impatience l'avait sauvée des mouvements de foule, et le jour où elle aurait à lutter pour sa vie dans le RER n'était pas encore arrivé... Cependant...
Fin de l'épisode 2 «  à suivre... »
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mardi 16 juillet 2013

Des zombies dans le RER B, épisode 1




Des Zombies dans le RER
Épisode 1

Il faisait chaud et Paris se désertait de ses habitants ordinaires, ils étaient remplacés un par un, comme dans l'invasion des profanateurs de sépulture, par des légumes, des haricots géants qui transportaient d'énormes valises et parlaient fort pour communiquer les uns avec les autres. C'était tous les ans le même manège et à un moment ou un autre, elle quittait la ville lumière, trop lumineuse dans la chaleur de l'été, pour s'exporter dans l'ennui métaphysique d'une ville de bord de mer. Mais cette année il n'y avait pas de repos pour les braves, et après une année d'hiver sans fin, elle devait rester à Paris pour travailler, gagner de l'argent ce qui n'arrivait pas, car elle ne trouvait pas de job. Ses journées consistaient entre quelques rencontres d'amis et des allers-retours chez Gibert pour vendre quelques uns de ses bouquins afin de continuer à maintenir une vie sociale, que l'été allait finir par abolir envoyant tous les gens qu'elle connaissait dans la dimension vacances. Ou pire l'été allait s'achever et l'hiver, chaque année plus long, allait emporter tous les espoirs de repos ou d'accumulation d'argent. Fourmi qui voulait se préparer à l'hiver, elle était condamnée à jouer les cigales désargentée pour ne pas rester seule avec sa cabin fever.
Elle était dans la queue de Gibert avec dans son sac en tissus 5 mangas qu'elle avait acheté l'année précédente, Ô période faste, 8 euros pièce. Les gens avaient des faces mornes, il y avait un homme qui avait un caddy plein de livres d'enfants, ainsi qu'un sac plein de bandes dessinées. Qu'est-ce qui pouvait le motiver à vendre tout cela? Et l'employée qui refusait de se poser des questions et dont l'interaction avec celui qui voulait vendre était minimum, rendait au fur et à mesure les livres à l'homme. Gloria se faisait la réflexion que les Tintins n'avaient plus de valeur. Quand elle avait vendu des livres il y a quelques années le libraire lui avait demandé à la place de ses mangas et de ses persepolis, si elle n'avait pas plutôt des Tintins et des Cortos Maltese. Elle lui avait répondu que ceux-là elle ne les vendait pas! Et là chez Gibert l'homme entassait les Tintins que lui rendait l'employée. Quand ce fût son tour elle eut droit au même traitement silencieux de la part de son employée. C'était difficile pour Gloria de se dire que ces employés n'avaient pas de curiosité pour ces gens qui étaient prêt à faire la queue dans la chaleur pour gagner un peu de monnaie... Quand la jeune-femme eut pris ses cinq mangas et son disque elle accepta le ticket qui lui vaudrait 12 euros en espèce, mais avec une sorte de mal au bide... Les livres qui n'avaient pas de valeur à ses yeux elle n'arrivait pas à les vendre (personne n'en voulait), elle vendait ceux qui en avait un peu... Ceux qui n'ont jamais vendus leurs livres pour pallier à une fin de mois difficile ne sauront jamais ce que c'est que d'être fauché, et avec 12 euros on ne va pas loin. Un jour peut-être elle aurait à vendre ses trésors, et elle arrivait à imaginer que l'avenir lui soit si peu clément. Elle disait en riant jaune: " à moins que je finisse mon roman de science fiction et que j'arrive à le publier".
Elle avait faim et elle ne pouvait pas entamer sa fortune de pacotille pour un sandwich bien qu'elle veuille rester intra-muros, alors elle prolongea un peu l'errance, prenant le chemin des touristes qui mène de Saint-Michel à Châtelet.
Les voilà, les touristes, ils marchent en groupes, un groupe d'adolescents tous vêtus de tee-shirts bleus, des américains en short et chapeau à ficelle sous le menton qui suivent le parapluie refermé de leur guide. Ils sont partout dans les lieux qui leur sont destinés, ils ne veulent pas ne pas se définir comme touristes, ils ne veulent pas être perdus, les touristes ont peur de se perdre, et personne ne leur a dit qu'on ne se perd pas à Paris.
La Seine est verte entre les murs en calcite blanc-cassé qui la retiennent. En regardant la Seine on peut presque croire en la mer, et de l'autre côté de l'ile de la cité, la circulation sur les berges est coupée et des ouvriers installent la plage pour les gens comme elle qui ne partiront pas.
Elle descend dans la bouche de l'enfer dont on vient de refaire les dents, au dehors le futur forum est encore une carcasse squelettique, dont la verdure fait penser aux anciennes halles qu'elle n'a vue que dans les photos en noir et blanc exposées dans le forum. C'est comme si dans le ventre de Paris on déterrait les restes du grand dragon. Ce squelette vert, en plein jour est comme le signe, le signe que la chaleur se chargera de nous faire oublier le temps. Gloria descend dans la gueule du monstre, elle passe les portes de l'enfer de la gare d' hoRER où n'est pas écrit « toi qui entre ici abandonne tout espoir. ». Descendue au plus profond, sur le quai du RER B qui se dirige vers le sud, l'affichage a oublié le temps et le temps d'attente n'est plus mesurable, un à un les trains disparaissent de l'écran comme s'ils étaient engloutis par un trou noir, et le quai se noirci d'une foule impatiente.
Tout à coup une femme hurle: « Mais ça va pas la tête il m'a mordu ce con, mais vous êtes malade monsieur! » le silence se fait sur le quai et tout le monde regarde dans la direction des cris. Gloria que la foule oppresse, sort du RER pour descendre vers le sud de Paris par la ligne 4.
Fin de l'épisode 1" à suivre..." 
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