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vendredi 26 juillet 2013

Le réseau contre-attaque ( épisode 8 de Des zombies dans le RER)




 Retrouvez ici les épisodes undeuxtroisquatrecinqsix et Sept

À peine entrées, elles restèrent dos et sac-à-dos tout contre la porte. L'obscurité n'était pas totale, de-ci de-là des écrans éclairaient des visages qui ressemblaient aux planètes étranges qu'on aurait pu apercevoir dans une autre galaxie. Ces têtes étaient si pâles et sans vie qu'il vint à l'idée de Gloria que les zombies pouvaient s'intéresser à internet et aux jeux vidéos. En bruit de fond on entendait les mouvements parasitaires d'une « dance » hystérique que quelqu'un devait écouter trop fort avec un casque de mauvaise qualité. Ça sentait l'Axe, la friture, la transpiration, et ce parfum féminin que Gloria ne connaissait pas par son nom mais par son odeur acide, acride, qui la prenait à la gorge à chaque fois qu'elle en percevait la senteur dégueulasse. ça ne sentait ni le sang, ni la chair pourrie. 
« Gling » et « gling » et « gling » cette guirlande de bruits venant de son portable fit fuir dans l'instant toute chaleur de son corps, lui serra la poitrine jusqu'à l'explosion, pour remplacer le tout par du chagrin. Lisa, à côté d'elle, pâle comme un linceul prépara sa casserole et son marteau. Aucune des planètes ne leva les yeux vers elles, et dans l'immobilité obscure d'autres portables se manifestaient auxquels leurs propriétaires répondaient: « Ouais on a été coupé... Nan je ne te faisais pas une blague... On a tenu les portes avec Mimoune pour les empêcher d'entrer. Y'avait un gars là, un mec tout greums avec des lunettes et une voix de meuf qui arrêtait pas de nous expliquer des trucs pendant que les zombies poussaient... ouais il était relou, mais attends... » la voix féminine se mit à chuchoter mais elle ne savait pas faire, tous ses mots se distinguaient parfaitement: « C'est un peu horrible ce qu'on a fait et y a ses copains qui nous font la gueule maintenant... Quand l'attaque a eu lieu on s'est tous parlé, mais là ils font semblant d'être absorbés par leurs tablettes... Mais bon je te raconte, t'es pas patiente... Donc, attends j'ai un double appel... ouais... c'est ma mère, je lui réponds, je te reprends après... allo maman... Mais je ne sais pas Maman... Il est neuf heure du mat' sans déconner, tu crois que je peux répondre à ça à 9h du mat' ?... De la pizza... Mais, putain, pourquoi tu me demandes si tu as déjà décidé ? Bon je te rappelle plus tard, j'étais en ligne avec Nathalie...
 Ouais t'es là ?... Bon je disais quoi ?... Ah ouais, donc voilà mon chéri et moi on essayait que les portes elles s'ouvrent pas donc, et les autres gens du wagon, ils essayaient de tenir les autres portes aussi... parce que quand on est arrivés à Luxembourg et qu'on a vu cette foule de barges, bah je te jure que j'étais pas fière et que tu vois Mimoune il m'a fait regarder tous les épisodes de The Walking Dead et que j'avais pas envie de finir en pâté pour zomezome, tu vois... Oui le gars, donc il parlait, en plus il ne s'adressait qu'à moi, genre « y'aurait moyen » Mais grave pas, gars, t'as vu ta tronche et ton look? Les mecs ils ne se voient pas, je te jure... Bah attends je te dis... Bah y a un grand costaud, il s'appelle André qui lui a dit de nous laisser nous concentrer, l'autre continuait à Jacter et il devenait vulgaire... Si, si... Il a dit que dans dix minutes je le sucerais sur la banquette parce que j'ai un gros cul et qu'il kiffe les gros cul, moi je lui ai dis « c'est pas parce que tu kiffes les gros culs, que les gros culs te kiffent... c'est pas réciproque connard » là il a sorti son canif... Si, si je te jure! L'était tout ptit!... hé hé ouais sûrement... Nan mais arrête tes conneries, nous on luttait contre les zombies qui essayaient de rentrer et le geek là, il avait une montée de sève, et il pensait qu'il allait pouvoir me prendre là comme ça, comme un chihuahua qui s'attaque à la jambe de sa maîtresse... Ouais, ouais, il a pété un cablo... hé hé, il m'a vue en réincarnation de Buffy et ça lui a causé une érection et une rupture d'anévrisme ou un truc comme ça, parce qu'il était dangereusement con... Ouais ou il avait peur de mourir puceau... Oups ! ...Donc comme il ne voulait pas se taire et qu'ils nous empêchait de nous concentrer... je te jure même ses potes lui disaient de fermer sa gueule, bin André nous a dit de lâcher un peu les portes, il a pris le ptit gars squelettique et il l'a balancé aux zombies, bin crois-le ou pas, ils ont arrêté de nous soûler pour le becqueter et on n'a plus eu besoin de tenir les portes... et là le train s'est mis en marche, et André a dit qu'on avait encore 4 nerds pour les prochains arrêts, et c'est là que les gars on ne les a plus entendu et depuis ils nous font la gueule... Ils ont pas d'humour ces gens-là je te jure...» Gloria cessa d'écouter l'histoire de la jeune-femme et regarda ses messages.
Sur twitter elle avait été retweetée mais elle ne semblait pas être prise au sérieux. Beaucoup de twitterers écrivaient : « Ah ah c'est sûr que le matin les gens ressemblent à des morts.», «le RER m'a tuer», «le RER m'a bouffé le cerveau», « Mon cerveau a cuit et je suis devenu un zombie»... Mais en dehors de ces messages là, beaucoup des gens qu'elle suivait et qui généralement critiquaient le RER envoyaient des tweets de ce style : «aaaaaaaxnnnnnneghfqisjoazndugfk<ouffff,qhugfyzgdiaioodlqqqq »...

Merci à Marie-Minute de corriger mes fautes :-)
Liste des épisodes parus : undeuxtroisquatrecinqsix  SeptHuitNeuf et Dix

jeudi 25 juillet 2013

Stratégie dans le souterrain ( épisode 7 de Des zombies dans le RER)



Retrouvez ici les épisodes un, deux, trois, quatre, cinq et six


« ça n'est pas cohérent, s'arrêta Gloria, les gens auraient pu descendre à St-Michel... on dirait qu'ils ne remarquent rien, que ça ne change rien à leur quotidien, même s'il y a des cadavres qui jonchent le sol... et ça pue la mort. » « Oui mais tu as vu les gens? répondit Lisa, c'est le matin, personne ne parle, ils dorment à moitié ! Quand tu as crié « au loup !», ils t'ont regardé comme une folle. Si ça ne rentre pas dans leurs cases et qu'ils ne comprennent pas, et bien ça n'existe pas, et c'est tout! ». « Oui mais nous, pourquoi on s'est planqués ? pourquoi on n'est pas passés par le quai pour aller prévenir le chauffeur, et pourquoi on n'a pas tiré l'alarme? Elle reprend son souffle pour exprimer plus lentement la question qui la taraude : « Et là... on dirait qu'il n'y a plus de zombies... On va arriver à Châtelet, on va sortir du RER... Il y aura tous ces cadavres et nous on sera emprisonnés pour meurtre, parce que qui nous croira?... Il n'y avait pas de zombies à St-Michel! »
Lisa pose son sac à dos sur un strapontin propre: « Tu sais quoi, on va continuer notre avancée, on va au moins aller à la prochaine voiture, histoire de ne pas descendre d'un wagon plein de chair humaine, d'accord ? Mais avant ça, on va se changer. J'ai des lingettes, tout ça, et je vais te prêter mes vêtements, comme ça on n'aura pas l'air de meurtrières et si on peut sortir à Châtelet, s'il n'y a pas de zombies à Châtelet, ils se débrouilleront sans nous pour chercher à comprendre cette histoire ! ça te va? » Gloria fit oui avec la tête. Lisa lui tendit des lingettes, et elles s'essuyèrent le visage en regardant leur reflet dans les vitres taguées au cutter du RER B. Lisa avait une bouteille d'eau minérale. Elle bu et s'en versa sur la tête pour faire glisser le sang de ses cheveux, Gloria en fît autant. Toutes deux reprenaient visage humain. Lisa passa un short et un teeshirt à Gloria qui se déshabilla et roula ses anciens vêtement sous un siège. Dans son sac, elle avait une paire de converse, et elle abandonna ses escarpins, pour les enfiler. « J'avoue que j'avais mal aux pieds avec ces trucs, mais ils étaient beaux... enfin...avant! ».
Tout à coup le train s'arrêta et l'électricité fut coupée. Gloria utilisa son portable comme lampe, et Lisa referma son sac qu'elle remit sur le dos. Elle se réarma du marteau et de la casserole, et Gloria de l'appareil photo. Elles étaient à l'affût. En silence elles saisirent cette opportunité pour se transbahuter dans le wagon suivant. « Pschitt » fit la porte coulissante. Dans l'obscurité étouffante un frisson leur parcourut l'échine. Ni l'une, ni l'autre n'auraient pu expliquer cette sensation, mais dans la chaleur, le froid et la peur avaient gagné leurs âmes. Quelque chose semblait se déplacer dans l'air, une rumeur, comme l'écho lointain de hurlements. Lisa se colla à Gloria : «  Peut-être qu'on devrait marcher dans le tunnel, revenir à St-Michel et sortir par là-bas? ». Mais l'écho semblait venir des deux côtés, des cris déchirants les prenaient en sandwich, et plus elles tendaient l'oreille plus elles percevaient la spécificité des douleurs humaines, et celles des grognements.
« Que fait-on? » chuchota interrogativement Lisa
« j'ai une idée absurde... Pour survivre en temps d'apocalypse zombie, il faut s'éloigner des zones d'habitation urbaine... Je n'ai pas de voiture... et même si j'en avais une... fuir par la route, ça signifierait être coincée dans les embouteillages... tandis que si on peut prendre le contrôle du RER on pourra rejoindre une banlieue campagnarde ou arrêter le train au milieu de nulle part. Peut-être que le train peut même rejoindre les lignes de TER et qu'on pourrait aller jusqu'à la mer... prendre un bateau... »
« Tu divagues ! » affirma Lisa.
«... Je ne sais pas conduire, mais je sais naviguer. En tout cas, il faut rejoindre le conducteur et faire en sorte que le train ne s'arrête pas à Châtelet, ni à Gare du nord. Il ne faut pas qu'il s'arrête à une gare souterraine sinon on ne s'en sortira jamais.  Et dès qu'on passe Châtelet je pourrais appeler une copine obsédée par les zombies, elle s'arrange pour trouver une voiture et on la retrouve avec tous ceux qu'on aura pu joindre à ce lieu de rendez-vous... Mais d'abord il faut rejoindre le conducteur. »
« Ok, chuchota Lisa, ton plan est poétique, mais imagine que le chauffeur est mort, qu'il est devenu zombie ou bien qu'il n'a pas le contrôle du train, que c'est une sorte de système semi-téléguidé. Ensuite les voies sont probablement bloquées, ça n'est pas un plan réaliste, et là il faut survivre. »
« le train nous protège des zombies, ça nous emprisonne avec eux si on est à l'intérieur, mais c'est plus facile à défendre que de se balader dans le noir dans les tunnels. Pour l'instant il est arrêté donc, nous, on peut avancer, et si le chauffeur est mort on pourra toujours tenter de communiquer avec sa radio, il doit bien en avoir une, et se faire guider dans les tunnels pour atteindre des escaliers qui mènent à l'extérieur. Là ça te semble moins poétique comme plan? »
« Là oui, j'ai l'impression que tu saisissais l'opportunité d'une attaque zombie pour passer à l'acte et vivre des fantasmes anarchistes! »
Gloria explosa de rire et dit «  bien vu! », mais son rire fît écho sur les parois du tunnel, se déforma, devînt diabolique et effrayant, et les grognements leurs semblèrent tout à coup plus proches, plus forts, plus rapides. Sans hésiter, un seul instant, sans se demander ce qui les attendait de l'autre côté, elles ouvrirent le passage vers le wagon suivant...
À suivre
Merci à Marie Poisson Rouge, ma secrétaire de rédaction.
Liste des épisodes parus : undeuxtroisquatrecinqsix  SeptHuitNeuf et Dix


mercredi 24 juillet 2013

Girls just wanna have fun ( épisode 6 de Des zombies dans le RER)

Retrouvez les épisodes un, deux, trois, quatre et cinq .
« À combien de voitures tu crois qu'on est de la cabine du conducteur? » demanda la blonde alors que les deux filles franchissaient les portes entre les wagons du train qui s'était mis en route. Sur la petite plateforme entre les deux voitures, le vent du tunnel vrombissait dans un vacarme d'enfer et c'est avec certitude que Gloria hurla : «  J'en ai aucune idée! ». Cette fois la vitre était claire on pouvait voir à travers, les deux filles avaient le nez collé dessus et observaient comme à l'aquarium municipal des zombies qui déambulaient au milieu des cadavres. « Gloups! » fit Gloria.
 Sa voisine lui dit « Moi c'est Lisa, et que tu me crois ou non j'ai fait un camp de survie de lutte contre les zombies, et là faut qu'on traverse ». « Moi c'est Gloria, répondit-elle d'une voix fluette », « Quoi ? Hurla Lisa », « Gloria, hurla en retour Gloria », «  Voilà c'est vachement mieux comme ça! ». Lisa avait un accent québécois à couper au couteau. « T'es touriste? Affirma Gloria... Tu devrais mettre ton sac-à-dos sur le ventre, ça ferait bouclier ! », « Ouais mais sur le dos ça leur permet aussi de pas m'chopper par derrière ! Tu vois là les grosses valises abandonnées par les touristes morts? » « Oui! » « Bin on va entrer le plus silencieusement possible et on va les attraper pour en faire des boucliers. Bon moi des zombies j'en compte 4, mais ceux-là par terre, ils peuvent se transformer alors au fur et à mesure on leur écrabouille la tête, Ok ? On fait comme les cops dans les films, on avance dos à dos et on couvre toute la surface, on a pas de temps à perdre... y a beaucoup de monde au prochain arrêt? » « À St-michel ? Grave ! », « Ok t'es prête? ». La double porte s'ouvre lentement dans son souffle pneumatique asthmatique, Gloria et Lisa restent immobile mais prêtes à bondir attendant une réaction des morts-vivants. Les quatre zombies continuent à déambuler comme des poissons dans leur bocal, ou des personnages de jeu vidéo coincés face à un mur. Gloria et Lisa se mettent en marche. Le sol est jonché de cadavres, et en même temps qu'elles avancent vers les grosses valises à roulettes corsetées dans quinze tonnes de cellophane, elles regardent l'état des morts.
 Certains ont la tête explosée ou dévorée, mais lorsque ce n'est pas le cas, Lisa qui a emprunté à Gloria son marteau fait de la bouillie de ce qui leur reste de visage, et Gloria enfonce le talon de ses escarpins dans leur crâne. Les deux grosses valises bloquent le passage. Gloria ne peut pas s'empêcher de penser à quel point elles ont dû faire chier les autres voyageurs. Lisa se faufile pour se cacher derrière la première et la pousse vers l'avant, Gloria juste derrière elle tient l'appareil photo par le zoom, elle l'a bien en main, il ne va pas falloir faiblir. En s'approchant du premier zombie qui se met à grogner et à accélérer vers elle Lisa qui tient d'une main la casserole et de l'autre le marteau, se lève d'un coup, lâche la valise ouvre les bras et se sert des deux instruments comme d'un marteau et d'une enclume. La tête du zombie fait un bruit de steak haché sous plastique qu'on écrabouille du pied, et comme Lisa remet ça il y a comme un bruit de gong qui sort les autres morts-vivants de leur léthargie déambulatoire... Il n'y a pas une seconde à perdre le train va entrer en gare de St-Michel, Gloria avec une énergie et une passion qu'elle ne se connaissait pas abandonne la grosse valise pour défoncer la tête du premier zombie qui vient vers elle d'un coup d'appareil photo qui le fait tomber à terre. Puis elle lui marche sur le crâne pour s'attaquer au prochain pendant que Lisa fait résonner son gong pour tuer la femme obèse qui se précipitait pour lui dévorer le cerveau. Splash, gong, c'est sa mélodie, tandis que celle de Gloria est paf, scriiitch...SHEBAM ! POW ! BLOP ! WIZZ !
Le train va entrer à St-Michel, il ralentit. Julie chuchote « il n'y a pas moyen qu'on tienne à deux toutes les portes, alors planquons nous. » Elles reprennent place derrière les valises. Gloria jette un oeil dehors comme il est 8h45, c'est l'heure qu'elle voit affichée sur le quai, elle pourrait encore se rendre à son entretien. C'est étrange de se dire qu'après avoir tué des zombies on pourrait reprendre la vie de tous les jours. Bien sûr elle n'est plus du tout présentable son chignon n'a pas supporté sa rage, sa chemise blanche, comme son jean sont maculés de sang, de sueur et d'amas gélatineux rouge, ses escarpins autrefois beiges sont maintenant sanglants... Il n'y a pas de doute dans cette tenue de tueuse personne n'hésiterait à l'engager. Cette pensée la fait sourire.
Il est 8h45 à St-Michel Notre Dame, et le quai n'est pas trop peuplé. Avec un peu de chance personne n'entrera dans leur wagon. Cachées les filles entendent une des portes qui souffre. Il n'y a pas de grognements dehors. Tout semble presque normal. Une voix tonitruante déclare: « What happened here? It stinks, no wonder there is no one in this car ! Let's get to the next one ! ». Pour Gloria et Lisa il se passe la même chose que quand dans un métro bondé on s'aperçoit qu'il y a trois places libres, mais en s 'approchant on découvre que la troisième est occupée par un SDF qui sent très mauvais, et que les gens préfèrent s'agglutiner en se bouchant le nez plutôt que de s'asseoir. Lisa se rapproche de Gloria et dit « on dirait qu'il n'y a pas de zombies, on devrait peut-être sauver nos peaux et sortir de là pendant qu'il en est encore temps.  Et je te paie une bière ! » Sans hésiter Gloria se lève pour sortir.
 Mais le signal du départ sonne, et ni elle ni  Lisa n'ont le temps d'atteindre les portes. Quand le train démarre elles sont toutes les deux debout, dépitées, ensanglantées et regardent les gens qui ont couru sur le quai pour monter dans ce RER et ont raté le train de l'enfer. « Tabernacle ! dit Lisa, on aurait pu boire une bière », à cela Gloria répond: « on avance? »
à suivre...
Et merci à Marie-Minute d'être ma secrétaire de rédaction :-)
Liste des épisodes parus : undeuxtroisquatrecinqsix  SeptHuitNeuf et Dix




mardi 23 juillet 2013

"Train arrêté entre deux stations, merci de ne pas descendre sur la voie" (épisode 5 de Des zombies dans le RER)



 Retrouvez ici les épisodes un, deux, trois, quatre
Cela faisait maintenant une demi-heure que le RER était coincé entre les gares de Luxembourg et Saint-Michel. Le blackberry de Gloria ne captait pas, elle n'avait pas de réseau, ici il n'y avait jamais de réseau. La chaleur dans le wagon devenait étouffante, toujours assise sur son strapontin en vinyle, Gloria sentait de grosses gouttes couler le long de ses cuisses, mais ni elle, ni personne ne se plaignait. Le comptable qui avait été mordu suait abondamment, et un gamin de 17 ans avec un regard de tueur le fixait.
Au bout du wagon les doubles portes pneumatiques s'ouvrirent et un homme armé d'un piquet de tente sanglant entra. Il traversa le wagon en silence et si tout le monde le suivait du regard, personne ne dit rien, ils ne voulaient pas savoir... Mais Gloria si: « c'est comment dans le reste du RER? Vous avez traversé combien de wagons? Vous allez où? ». L'homme se retourna vers elle. Il devait avoir une trentaine d'années mais il semblait avoir pris mille ans dans la dernière heure, son regard était épuisé. Il portait la chemisette bleue des jeunes papas qui travaillent pour moins de deux milles euros dans un boulot d'avenir: la banque, l'ingénierie whatever. Il regardait Gloria abasourdi, le spectacle de cette petite brune assise sur un strapontin les talons dans une flaque de chair et de sang armée d'un appareil photo et d'un marteau. Il répondit « quoi? » puis se reprit «  je vais chercher des secours... une femme s'est fait arraché le bras dans notre wagon... je vais voir le chauffeur, il faut que les pompiers viennent... » la panique qui montait en lui fit craquer le silence comme un vieil oeuf pourri. L'homme qui avait été mordu hurla «  Oh mon dieu, oh mon dieu, j'ai été mordu par une tête décapitée!» Et le gamin qui le fixait depuis tout à l'heure dit :«  Toi tu ne bouges pas, quand tu tourneras je m'occuperais de ta gueule! » posé à côté de lui il y avait une bande dessinée, un exemplaire de The Walking Dead.
 Le comptable se mit à paniquer «  oh mon dieu, oh mon dieu, il faut aller chercher des secours! ». Gloria dit au banquier « je viens avec vous! ». Elle ouvrit la première double porte entre les wagons, l'homme la suivît. « Je m'appelle Steven, dit-il » elle répondit ironiquement en tendant sa main « enchantée, moi c'est Gloria ». La première porte se referma derrière Steven et Gloria. « à tout hasard, vous n'avez pas été mordu? » demanda-t-elle « Non! » affirma Steven. Gloria avait joué les fières à bras, mais entre deux wagons avec la nuit autour et une sorte de silence plein, elle était envahie par la terreur. Elle souffla lentement pour se donner du courage. Steven regardait à travers les vitres mais elles étaient couvertes de sang. 
Il posa l'oreille contre la porte « Normalement ils grognent. Gloria se mit à claquer des dents, elle se disait « pourquoi je ne suis pas restée sur mon strapontin? » Elle n'avait pas fini de mentalement prononcer cette phrase que la porte pneumatique s'ouvrait laissant glisser lentement un cadavre qu'on avait laissé là. Ce mouvement amorça un cri de guerre « Ils reviennent à l'attaque » et Steven eut à peine le temps de crier « Nooooooooon! » qu'il se prit un coup de couteau dans l'oeil, Gloria hurla. Le jeune garçon qui avait attaqué Steven n'en croyait pas ses yeux, il recula et laissa tomber le couteau en disant «  je suis désolé, je suis désolé! » pendant que Steven s'écroulait au même rythme que le cadavre qui venait de glisser entre les portes. Gloria passa par dessus lui. Tout le monde dans le wagon la regardait, son coeur battait à 200 à l'heure. Il y avait ce jeune-garçon qui venait de tuer Steven qui était prostré dans un coin entouré de ses copains, qui lui disaient « Tu ne pouvais pas savoir! » et l'un d'eux se retourna vers Gloria et dit « vous auriez pu frapper! ». Le sol était jonché de morceaux de cadavres. Gloria qui avait la gorge prise dit d'abord faiblement puis plus fort « il faut prévenir, le conducteur, il ne s'est pas déplacé quand l'alarme a été tirée, lui c'était Steven, on allait le prévenir, je ne peux pas y aller toute seule j'ai trop peur, il faut qu'on y aille à plusieurs, s'il vous plait... »... Gloria se rendit compte qu'elle sonnait comme une mendiante, et que les gens assis dans ce wagon avaient détourné leur regard d'elle comme si elle leur avait demandé un travail ou des tickets restos. Cette réalisation la remis d'attaque « hé ho je ne fais pas la manche-là! Qui vient avec moi pour qu'on puisse prévenir le chauffeur... sortir de la zone habitée, et s'en sortir en se protégeant à la cambrousse? Si nous voulons nous en sortir il faut s'entraider, en plus on est pas sûrs que ce qu'on sait des zombies est vrai, mais au cas où vous auriez des doutes, il faut viser la tête! » Une jeune-femme blonde qui avec un gros sac à dos se leva et dit « moi je viens avec toi, j'ai une casserole, on pourra se défendre. Le problème c'est qu'on ne peut pas communiquer avec les autres wagons... » Gloria dit « je viens du wagon juste avant, et il y a juste un type qui a été mordu, mais un jeune fan de The Walking Dead l'a à l'oeil, je ne sais pas d'où venait Steven, je ne sais pas combien de voitures il avait traversé, je sais que dans la voiture d'où il venait, une femme s'est fait arracher le bras... »
Le discours de Gloria fût interrompu par le crépitement de la radio du conducteur « Mesdames, et messieurs il semble que notre train va pouvoir repartir, merci de votre patience ». La fille au sac-à-dos de camping, dit « maintenant il ne faut pas tarder! » elle sortit sa casserole de son sac et se mit en route vers la prochaine voiture. Gloria la suivit.
Fin de l'épisode 5
Merci à Marie-Minute ma secrétaire de rédaction.
liste des épisodes parus : undeuxtroisquatrecinqsix  SeptHuitNeuf et Dix

lundi 22 juillet 2013

L'attaque du train en gare de Jardin du Luxembourg ( épisode 4 de Des zombies dans le RER)


Épisode 4 «l'attaque du train en gare de jardin du Luxembourg »
Ici vous pouvez lire l'épisode 1, ici l'épisode 2 et ici l'épisode 3

Gloria a mis ses écouteurs sur ses oreilles, comme ça pour ne pas trop penser à ce qu'elle allait dire durant cet entretien: à quel point elle aime s'occuper des clients, mettre des chaussures fermées quand il fait quarante degrés à l'ombre, ses fausses qualités et ses faux défauts... Il vallait mieux écouter « she's not there » de The Zombies et n'être pas vraiment là.

 Gloria est donc plongée dans son demi sommeil musical mais elle sent qu'on la regarde. C'est un vieil homme qui est debout alors qu'elle est assise, elle pourrait lui laisser sa place, mais il y a des places libres partout autour donc ce regard vide, froid, glacé n'a pas lieu d'être... Le vieillard la fixe jusqu'au tréfonds de son âme qui se déplace cahin caha dans la torpeur d'un été sordide de région parisienne. Le vieil homme a un regard d'hiver et un regard de mort, et à travers ses yeux il semble lui voler toutes les miettes de bonheur qu'elle arrive chaque jour à rassembler pour aller jusqu'au jour prochain. Gloria a baissé les yeux pour ne plus le voir et retiré ses écouteurs pour vérifier que le son n'était pas trop fort, pas trop puissant, qu'il n'y avait pas un grésillement pénible qui puisse irriter les autres voyageurs... on n'entendait rien.
Le train s'est arrêté à Denfert-Rochereau, dans un courant d'air les portes se sont ouvertes, et quand Gloria a levé les yeux le vieil homme était parti. Peu de personnes sont montées, de même qu'à Port-Royal, mais en arrivant sur le quai du Luxembourg, Gloria a vu les masses de touristes attendant le train comme le messie pour aller à St-Michel ou aux Halles... pour leur manque de calcul des distances à franchir Gloria les détestait.
Les touristes étaient immobiles, et leurs bouches fermées. Par les fenêtres ne parvenait pas le son plein de couacs de leurs conversations, de leurs caquetages habituels, les touristes étaient pâles. Gloria comprit que quelque chose n'allait pas. Ils portaient toujours leurs stupides sac-à-dos sur le ventre, ils avaient toujours leurs chaussures de marche, leurs caleçons colorés, leurs appareils photos, leurs casquettes américaines, leurs maillots de foot, leurs teeshirts « I heart Paris » ( qui devraient plutôt être « I visually hurt Paris »)... 

Mais ils étaient pâles et ils étaient silencieux. Quand le train s'est arrêté au lieu d'ouvrir les portes ils se sont mis à tendre les bras et à grogner. Gloria a hurlé « il ne faut pas les laisser entrer! » et bizarrement ses covoyageurs ont compris ce qu'elle voulait dire et certains se sont levés pour maintenir les portes fermées. Mais chacun sait qu'en cas d'affluence tous les voyageurs sur le quai vont créer une telle poussée qu'il sera impossible de les laisser dehors. À force de tâtonner la masse de touristes réussit à activer le système pneumatique des portes semi-automatiques et ils commencèrent à se pousser les uns les autres pour essayer d'entrer. Heureusement beaucoup étant sérieusement en surpoids un bouchon se créa qui pour un temps protégea les banlieusards des touristes. 

Le premier qui essaya d'entrer portait son sac-à-dos sur le ventre et il fût facile pour Gloria de le tenir à distance à cause de ce sac-à-dos énorme qui comme un ventre de femme enceinte ne permettait pas au touriste/zombie ni de se pencher pour mordre, ni de saisir avec ses bras. Gloria s'appuya sur la barre du milieu pour repousser autant que possible avec ses pieds le mort-vivant furieux et frustré. Aux autres portes ses camarades de voyages entreprenaient le même type de démarches. Une femme hurlait de trouille, elle suivait le même rythme que ce matin la sonnerie du portable de Gloria. Alors qu'ils avaient réussi à repousser le zombie au sac à dos en pénétra un plus souple que les autres qui portait autour de son cou, un appareil photo à zoom de 22 cm. Gloria saisie le zoom et tira tellement fort sur l'appareil, que le cordon décapita l'ancien touriste et qu'un sang vicié commença à jaillir de ce cou détrôné. C'est elle, cette fois, qui se mit à hurler et à pleurer, elle avait tué quelqu'un, quelle horreur! et le corps gisait dans l'entrée alors que la tête avait roulé comme une canette de coca sous les fauteuils. Le cou rendait le sang en immondes glouglous, et Gloria était pétrifiée de peur devant ce spectacle alors que d'autres morts essayaient encore de pénétrer dans le train. Deux reubeux costauds, alors que le signal de départ retentissait, tirèrent les portes en repoussant les envahisseurs. Gloria tenait toujours l'appareil photo par le zoom et regardait le cadavre. Les portes de leur wagon étaient fermée mais le train n'avançait pas. Le conducteur s'adressa aux passagers « mesdames, messieurs, le train ne peut pas repartir s'il y a des personnes qui bloquent les portes, merci de libérer les portes » il enclencha de nouveau l'ouverture automatique les deux costauds firent en sorte de retenir les portes pour ne pas qu'elles se réouvrent. Gloria et la femme avaient cessées de hurler, tout le monde attendait dans une angoisse indicible que le train démarre. De nouveau la sonnerie du signal de départ retentit, le petit bruit du système pneumatique qui signifiait la fermeture des portes se fît entendre, et cette fois le train démarra. Gloria tenait encore l'appareil photo en main, en regardant le cadavre qui se vidait de son sang vicié, elle retourna l'appareil pour être du côté du viseur et pris en photo la charogne, la nature morte. Alors que les voyageurs se réinstallaient à leurs places, elle dit « il faut prévenir le chauffeur, il n'avait pas l'air de savoir ce qui s'est passé! » elle voulu tirer le signal d'alarme, mais un homme lui retînt le bras « Oh ça va pas? Si vous faîtes ça je vais être en retard à mon boulot! ». Elle répondit « On est attaqué par les zombies, je pense que vous n'atteindrez jamais votre boulot », « arrêtez de raconter des conneries, répondit l'homme ». Le signal d'alarme retentit mais ça n'était pas la faute de Gloria. Il se passa un certain temps dans l'angoisse avant que quelqu'un puisse formuler la moindre hypothèse. Le silence fut brutalement interrompu par le hurlement strident d'un comptable qui durant toute la bagarre qui venait de précéder n'avait pas décollé les yeux de ses tableaux excel. « On m'a mordu, on m'a mordu! » il bougeait ses jambes comme un dératé, et de sous son siège roula la tête que Gloria avait décapitée, de son sac elle sortit son marteau, et dans cette tête qui mastiquait et bougeait les mâchoires, elle enfonça violemment le clou de l'invasion zombie, elle hurlait en faisant de la bouillie du crâne «  Et ça c'est normal, c'est normal ça! C'est pas un zombie peut-être et on va être en retard au boulot, hein? ». Un des costauds qui avait maintenues les portes fermées lui mit la main sur l'épaule pour la calmer. Et elle s'assit sur le strapontin, les escarpins dans la bouillie de cervelle, pour souffler.
La radio du train se mit à grésiller et le chauffeur dit: « En raison de personnes sur les voies entre Saint-Michel et Les halles nous allons rester en arrêt. Merci pour votre patience! ». Gloria commençait à regarder les photos que le touriste avait prises avant de devenir un zombie, il avait un matériel professionnel mais il n'avait même pas réussi à cadrer la tour Eiffel de façon correcte. Ça commençait à grogner dans le RER B, pas encore des grognements de morts, mais un grognement de banlieusards « Putain, y a toujours quelque chose », « Y'en a marre, il ne tiennent jamais compte des voyageurs », « je vais encore être en retard à mon boulot ».
Avec son blackberry Gloria pris une photo du cadavre décapité et envoya sur Twitter « attaque de zombie sur la ligne B, restez chez vous,suis dans le train, vais vous tenir au courant et essayer de survivre #qml @quoimaligne »
Fin de l'épisode 4 
La suite paraîtra mardi 23 juillet...
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jeudi 18 juillet 2013

Le rêve ( épisode 3 de Des zombies dans le RER)


résumé des épisodes précédents: Gloria sans le savoir a échappé de peu à un mouvement de foule aux halles qui a créé un drame d'après les journaux il y aurait 6 morts et 25 blessés. Les quais concernés de Châtelet ont été vidé et le trafic sur les lignes A et B a été bloqué jusqu'à 22H. Demain Gloria doit prendre le RER B a une heure d pointe pour se rendre à un rendez-vous professionnel.
Cliquez ici pour lire l'épisode 1 et ici pour l'épisode 2

Gloria s'agite dans son lit, la couette a volé en éclat, elle nage dans sa propre transpiration, l'été est chaud certes, mais les images de ses rêves la font ruisseler. Et elle se débat dans une flaque de sang. Quand elle essaie de se lever, elle glisse, et l'obscurité est emplie de corps qui se meuvent comme des reptiles, le bruit qu'ils produisent est celui de la chaire déchiquetée. L'odeur est celle de l'étal du boucher et il y a cette autre impression olfactive qu'elle ne connait pas, mais qu'elle identifie quand elle glisse sur un corps déformé par la putréfaction: le ventre gonflé explose et l'odeur la prend à la gorge, et elle vomit ses tripes. Derrière le concert de grognements, elle entend «  il m'a mordu ce con », elle regarde son bras sur lequel tirent d'autres bras décharnés. Elle veut hurler mais ne peut pas. Trempée, elle se réveille dans l'obscurité la plus totale. 

Elle est tremblante d'effroi. À tâtons elle cherche son paquet de cigarettes et son briquet, lorsqu'elle saisit la boite en carton au lieu d'une main ou d'un corps, elle est déjà rassurée puis la flamme et le petit grésillement du clope la ramènent à la réalité. Elle ne va pas se rendormir de sitôt. La voix de la femme criant : «  il m'a mordu ce con » l'obsède. Elle ouvre son ordinateur et va sur twitter. Elle cherche #zombies #chatelet #leshalles, ça ne donne pas grand chose. Elle écrit « J'étais sur le quai  juste avant l'accident et une femme a hurlé « il m'a mordu ce con » qui d'autre est témoin? #accident #rerb #leshalles ». Il est quatre heures du matin et tout le monde dort sauf les américains, elle tweete de nouveau « quelqu'un qui était aux halles pendant l'accident a-t-il rêvé de zombies #accident #rerb ». Sa cigarette se consume dans son impatience d'une réponse. Elle laisse là twitter pour lire différents articles à propos de l'accident. Sa démarche lui fait penser à celle du jeune-homme dans le premier des films Destination Finale... Elle rit et se demande si elle échappé à la mort et si celle-ci la fera s'électrocuter après avoir glissé sur une savonnette. Les films Destination Finale sont drôles mais si la mort veut y mettre son grain de sel, une rupture d'anévrisme, ou une maladie fulgurante sont moins suspectes qu'une électrocution, après pendouillage et glissage sur savonnette.
Gloria essaie de penser à autre chose, demain elle a cet entretien pour travailler dans un magasin de chaussures, sa pensée a décidément du mal à contenir cette éventualité, et ses doigts l'emmènent directement sur le PDF du manuel de survie en territoire zombie. Elle avait demandé plusieurs noëls d'affilée une batte de baseball, mais ne s'intéressant pas à cette activité sportive personne ne l'avait prise au sérieux. La seule chose qu'elle pouvait utiliser comme arme, était le marteau qu'elle avait acheté chez bricomarché histoire de pouvoir planter un clou, qu'elle n'avait jamais planté. Elle mit le marteau dans son sac, retourna dans son lit et s'endormit.
Tulululu tulululu tulululu sonne le téléphone malin, il lui donne un choix : soit elle éteint la sonnerie pour de bon, soit celle-ci se réenclenchera dans 5 minutes, dans la torpeur de cette décision à prendre ses yeux à peine entre-ouverts se referment et « tulululu tulululu » résonne et resonne le maudit téléphone. Cette fois elle éteint la sonnerie et ouvre le téléphone, la lumière rouge de sa mûre clignote, et gling et gling et gling, ses tweets de zombies ont fait des heureux... Personne pour partager son cauchemar ou son angoisse mais beaucoup de twitterers amusés par l'idée de la morsure, qu'elle soit acte d'érotisme, de cannibalisme ou de perversion... « l'homme qui mordait les épaules des femmes». Parfois c'est étrange de se retrouver si nombreux sur un quai de train sans que personne d'autre ne sache partager ce qu'il sait, ce dont il est témoin sur twitter. Gloria, G.l.o.r.i.A se vêt, prépare son café, et s'en va prendre le RER B à une heure de pointe...

Gloria pense: « le gros avantage d'être en Europe, enfin sur le continent, en cas d'attaque de zombies c'est que sur nos tombes, il y a des grosses pierres bien lourdes (Bon c'est vrai que celles du Père Lachaise sont pas mal fissurées, mais ces zombies-là il ne doit pas leur rester beaucoup de chair.). Donc les morts sont retenus à l'intérieur ou au moins jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'il faut creuser sur le côté. »
Dans tous les scenarii qu'elle s'était fait en cas d'attaque de zombies, elle ne voyait pas comment sa survie était possible. Elle habitait dans la région la plus dense en habitations en France: La région parisienne, l'Ile de France, dans un immeuble sans double-vitrages, et son appartement était au rez de chaussée. Et puis elle n'avait pas de char d'assaut et encore moins de voiture. Elle prenait les transports en commun et surtout le RER B qui a la réputation de transformer les vivants en monstres, en morts debout ( car il y a rarement des places assises).
Ce matin sur le site de la RATP, ou sur twitter, il n'y avait rien à signaler et tout semblait aller bien. Sur un quai normalement peuplé, elle n'attendit que 3 minutes l'arrivée de son train qui lui aussi était normalement rempli. Elle put s'assoir dans le sens inverse de la marche en face d'un couple de touristes qui avaient eu l'intelligence de mettre leurs valises sur la grille, peut-être que les autres usagers avaient préféré une solution de rechange.
Fin de l'épisode 3
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